Couvent des ursuline de loudin

En 1632, dans la ville de Loudun en Touraine, un homme du nom de Grandier, un simple homme, ose contredire le Grand Cardinal de Richelieu. Cette querelle amènera à une des plus grandes injustices et manipulations du XVIIème siècle !
Un homme au coeur grand -du moins envers les femmes !- aime courtiser ; il aime aimer. Urbain Grandier avait des grandes qualités d'orateur et une allure qui plaisait beaucoup aux dames de l'époque.


Plus tard il fut nommé curé de Loudun. Pourtant sa franchise et son libertinage lui amenèrent de nombreux ennemis car il ne cachait pas ce qu'il pensait, et ses pensées en dérangeaient plus d'un. Il écrit entres autres un traité sur le célibat des prêtres, sujet extrêmement tabou et réprimandé par l'Eglise, et un pamphlet contre Richelieu : "La cordonnière de Loudun".

Son principal problème vint de Mignon : Grandier ne trouva rien de mieux que de féconder une jeune demoiselle apparentée à Mignon directeur du couvent Saint Ursule, dit le couvent des Ursulines. Mignon, accompagné d'un avocat du roi et de deux hommes du peuple, accusa Grandier d'avoir souillé l'Eglise et de l'avoir fait en forniquant dans l'enceinte-même de celle-ci. Bientôt l'histoire prit de l'ampleur et le bruit courut que Grandier abusait de nombreuses femmes à l'intérieur de l'Eglise.

Le couvent des Ursulines était un endroit très simple, où la vie était très dure, où bien-sûr la mixité n'existait pas. Mais cette abstinence forcée et le rayonnement de Grandier dans cette petite ville entraînèrent un désir insurmontable pour les jeunes Ursulines, qui bientôt devinrent à moitié hystériques et virent Grandier hanter leurs rêves.Grandier est très populaire et n'a jamais mis les pieds dans le couvent des soeurs, et pourtant elles le voient en rêve et sont obsédées par sa présence. Celle qui est la plus touchée est Soeur Jeanne dite Des Anges, c'est par elle que tout a commencé et que tout va finir...
Les bourgeois de Loudun voient en lui une trop grande ambition ; les capucins dénoncent son pamphlet contre Richelieu.
Coïncidence (?) le sieur de Laubardemont commissaire de Richelieu arrive sur les lieux en 1633 afin de détruire les fortifications de la ville, destructions auxquelles Grandier s'oppose violemment. De plus il entend parler des crises des religieuses : elles hurlent, blasphèment, disent des obscénités...


De retour à Paris il se charge d'instruire l'affaire, et à sa nouvelle venue bénéficie des pleins pouvoirs offerts par le cardinal pour mettre fin au désordre qui règne dans cette ville.
Le lendemain-même de son arrivée Grandier est arrêté, sa maison fouillée, mais aucune preuve n'est trouvée.
Durant janvier 1634 il recueille témoignages et accusations. Du 4 au 11 février Grandier est interrogé mais il nie l'accusation de sorcellerie, puis finit par refuser de répondre aux questions qui lui sont posées.
Les religieuses sont soumises aux exorcismes sans résultat depuis environ un an, tous les exorcismes sont publics, de nombreuses personnalités de l'époque viendront voir les possédées de Loudun, certaines crises sont outrageantes : toute la "pourriture du monde" s'exclame par la bouche des ursulines, femmes de Dieu en principe (!), la population s'indigne et Laubardemont est obligé de publier cette ordonnance :

"Il est très expressément défendu à toute personne, de quelque qualité ou condition qu'elle soit, de médire, ni autrement d'entreprendre de parler des religieuses et autres personnes de Loudun, affligées de malins esprits, leurs exorcistes, ni ceux qui les assistent, soit au lieu où elles sont exorcisées ou ailleurs, en quelque façon et de quelque manière que ce soit, à peine de dix mille livres d'amende et autre plus grande somme et punition corporelle si le cas y échoit ; et, afin qu'on n'en prétende cause d'ignorance, sera la présente ordonnance lue.
Fait à Loudun, 2 juillet 1634"

Les exorcismes qui tout d'abord étaient faits en même temps pour toutes les religieuses, vont peu à peu devenir des exorcismes individuels à la demande de Grandier, conscient que cette mascarade ne consistent qu'à le mener à sa perte.

La soeur Claire prise de remords, confessa que tout n'était que mensonge, mais selon les juges et ennemis de Grandier, c'étaient-là les paroles du Démon voulant protéger une de ses sbires les plus fervents ! Laubardemont rendit une sentence dans laquelle il ordonnait la confrontation de Grandier et des Ursulines.Grandier, qui savait que les Ursulines ne l'avait jamais vu, demanda qu'il fut proposé aux soeurs quatre prêtres habillés à sa manière pour qu'elle reconnaissent le sorcier : sa demande fut rejetée !

Le 8 juillet le procès de Grandier commence : l'utilisation de la Question sur Grandier ne se fait pas attendre face au refus de celui-ci d'avouer ses affinités avec le Diable, une cicatrice sur le pouce sera une des preuves car elle a été faite pour signer le "pacte du Démon" ! En effet de nombreux documents furent présentés comme étant des pactes sataniques (lettres, pactes....) faisant office de preuves pour condamner Grandier. Les pièces étaient apportées par les sous-fifres de Laubardemont.
Le 18 août à cinq heures du matin les juges condamnent Grandier au bûcher : il sera attaché au bûcher, étranglé à l'aide d'une corde nouée, puis enfin brûlé.
Avant tout il sera soumis à la Question, et notamment aux brodequins, torture exécutée par les Capucins à Loudun où l'usage était de lacer deux planches de bois et de serrer entres les planches les jambes du supplicié. On enfonçait ensuite des coins à coups de marteau, les jambes étaient cassées, les coins traversaient les os et les cassaient ; quand les planches étaient desserrées les éclats d'os volaient par terre.
Grandier eut deux coins de plus que les grands criminels ! Pourtant il n'avoua pas : il fut traîné dans toute la ville, jeté devant le couvent Saint Ursule, puis mené au bûcher. Il demanda un confesseur augustin, ce qui lui fut refusé, et pendant trois heures on lui ordonna de signer des aveux, ce qu'il ne fit point. Il voulu faire une déclaration au peuple mais un seau d'eau bénite lui atteint le visage l'empêchant de prononcer ses paroles. Un moine va pour lui donner le baiser du pardon, Grandier s'écrie : "Voilà un baiser de Judas !" et les exorcistes le frappèrent avec leurs crucifix en fer au visage.
Le père Lactance devait comme de coutûme ordonner son étranglement, mais il mit feu au bûcher avant. Il fut ainsi brûlé vif ! Le bourreau voulut l'étrangler mais on avait déjà noué la corde.
Ses dernières paroles furent : "Il y a un juge au ciel, je t'assigne à comparaître, dans le mois, devant lui !"
Il mourut un mois après Grandier, le capucin Tranquille, mourut à son tour peu de temps après du Satyriasis.


Mais la mort d'un homme n'a jamais soigné personne, et de nombreuses années après, les possession continuait. Jusqu'à ce que Jeanne Des Anges, supérieure du Couvent, passe de "possédée" à "élue et visionnaire de Dieu".

Précision sur deux des soeurs possédées Jeanne Des Anges, la supérieure du Couvent, et Soeur Agnès, une autre religieuse typique du type de mal dont était affligées les possédées.

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